« Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une » de Raphaëlle Giordano

30 juillet 2015
11 Commentaires

 

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’uneUn long titre qui présage un livre positif ! Ce livre de Raphaëlle Giordano dont le genre est situé entre le roman et le livre de développement personnel n’est pas encore sorti. Il sort le 17 septembre et j’ai donc pu le lire en avant-première afin de vous donner mon avis.
Je suis complètement novice en matière de développement personnel et je n’ai jamais lu de livre qui m’aiderait à me sentir mieux dans ma vie même si des oeuvres littéraires ont eu un impact très important sur moi. Tout ce qui touche au domaine de la psychanalyse et du développement personnel est très loin de mon mode de vie. J’ai toujours pensé (certainement à tort) que parler de sa vie à un inconnu peut être considéré comme une faiblesse et j’ai l’impression d’être courageuse lorsque je me dis que je n’ai besoin de parler à personne pour avancer. Lorsque l’on parle d’émotions et de sentiments, je ne suis pas une grande bavarde et j’ai tendance à tout garder pour moi et cela me joue parfois des tours lorsqu’il arrive que j’encaisse trop de choses sans en parler.

Je suis obnubilée par le temps et par ce que j’en fais. Je suis véritablement paniquée par le temps qui passe à une allure phénomènale et j’ai un très gros attrait pour la nostalgie et la mélancolie. Je pense que la vie est précieuse et je souhaite n’en gâcher aucune minute et pour cela il arrive que je puisse m’imposer une pression forte. Tous les jours j’essaye de m’imposer une routine qui est parfois source de stress : travailler, faire du sport, faire des plats équilibrés, faire un article, lire, rédiger des piges, regarder un épisode d’une série ou un film … Même si j’arrive à prendre du temps pour moi, je pense toujours au temps qui est consacré à chaque élément de ma journée et du coup je ne me détends pas complètement. Je reste focalisée sur des détails minimes et je peux paniquer lorsque l’on me propose une soirée à la dernière minute alors que j’avais prévu d’occuper mon temps à faire autre chose. Je ne suis pas une grande stressée mais j’ai du mal à lâcher prise et à me détendre totalement. J’ai remarqué que je me mettais beaucoup la pression depuis la fin de mes études car forcément j’ai beaucoup moins de temps pour moi car comme tout le monde, je dois travailler. Mais même avec un travail, je souhaite garder les loisirs dans lesquels je m’épanouis et qui m’aident à me sentir bien. Mais entre le sport, la lecture, le cinéma et les séries, cela fait pas mal de loisirs et les journées ne durent que 24 heures !
Lorsque j’ai vu le titre de roman Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, cela a tout de suite fait tilt en moi. A force d’en faire trop, je passe mon temps à penser à tout ce que je pourrais faire pour ne pas gâcher mon temps libre. André Gide a parfaitement mis les mots sur mon obsession dans Les Nourritures Terrestres :
 
« J’enrageais de la fuite des heures. La nécessité de l’option me fut toujours intolérable ; choisir m’apparaissait non tant élire, que repousser ce que je n’élisais pas. Je comprenais épouvantablement l’étroitesse des heures, et que le temps n’a qu’une dimension ; c’était une ligne que j’eusse souhaitée spacieuse, et mes désirs en y courant empiétaient nécessairement l’un sur l’autre. Je ne faisais jamais que ceci ou que cela. Si je faisais ceci, cela m’en devenait aussitôt regrettable, et je restais souvent sans plus oser rien faire, éperdument et comme les bras toujours ouverts, de peur, si je les refermais pour la prise, de n’avoir saisi qu’une chose. »
 
Pour ne pas continuer de gâcher tous ces instincts de vie et arrêter de me plaindre pour des détails minimes, j’ai donc lu ce livre avec beaucoup d’enthousiasme et l’envie d’en découdre avec ma mélancolie quotidienne !

 

 

L’histoire
 
Camille a bientôt 40 ans et semble avoir tout pour être heureuse. Pourtant elle a un travail de commercial dans lequel elle ne s’épanouit pas car elle rêve de créer une collection de vêtements depuis toujours. Elle a un très beau fils avec qui elle n’arrive plus à communiquer et un mari qui est de plus en plus fuyant. Même si elle ne rencontre aucun obstacle ou drame, Camille n’arrive plus à s’épanouir et à ressentir de la joie. Après un accident de voiture et une crise de larmes, elle va faire la connaissance de Claude qui exerce le métier de « routinologue ».
Grâce à des exercices ludiques et créatifs et des expériences étonnantes, Camille va peu à peu transformer sa vie afin de mieux la vivre et la savourer pleinement.

 

Mon avis
 
 
Le livre commence directement par l’accident de voiture et de la rencontre entre Camille et Claude. Nous sommes donc immédiatement plongés dans l’histoire et nous découvrons en même temps que Camille le curieux personnage de Claude qui semble pouvoir changer la vie de ses patients. Camille va faire appel à ses services pour mieux apprécier sa vie et accéder enfin au bonheur qu’elle convoite tant. Claude va donc lui concocter différents exercices que Camille sera obligée de réaliser.
L’écriture est très fluide et le style assez simple donc ce livre est très facile et rapide à lire. J’ai beaucoup apprécié la première partie qui est la prise de conscience de Camille qu’elle a pris trop de mauvaises habitudes et qu’elle se focalise trop sur le négatif et non le positif. Même si n’ai pas du tout le même profil que Camille, je me retrouvais dans certaines situations. En lisant ce livre, je réfléchissais en même temps et je me rendais compte que je me prends la tête des fois pour des inepties. A force de me focaliser sur des petits détails ou sur le temps qui passe, je ne profite pas de l’instant présent. La première partie est très bien faite et permet véritablement de rentrer dans la peau du personnage de Camille.Par contre, j’ai beaucoup moins apprécié la deuxième partie. Comme par enchantement, la vie de Camille va considérablement s’améliorer et l’histoire est beaucoup trop romancée à mon goût. Ce n’est pas de l’espoir que je voyais dans cette deuxième partie mais une happy end comme on peut en voir dans les comédies romantiques. Pour moi, l’histoire n’est donc pas crédible à la fin. L’histoire commence sur le quotidien de madame tout le monde et je n’ai pas l’impression que ce soit le même personnage à la fin. Néanmoins, l’histoire est divertissante et outre la forme c’est bel et bien le fond qui compte. Ce livre m’a permis de réfléchir et j’essaye petit à petit de faire les mêmes exercices que Camille. Par exemple avec Damien on a décidé de mettre 1€ dans un pot à chaque fois que l’on se plaignait ! Et mine de rien quand on y regarde de près, on se plaint beaucoup en général pour des choses insignifiantes, comme un peu tout le monde !

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une
Raphaëlle Giordano
Editions Eyrolles
Parution le 17 septembre 2015
224 pages
14,90€
  1. Je me permets de commenter le fait tu considères ça comme une faiblesse de parler. J'imagine que tu dis cela pour toi, mais, pour avoir bossé pour un site de psychologie, j'ai compris que la vraie faiblesse, c'est de croire qu'on peut s'en sortir seul.

    J'ai été beaucoup en contact avec des psychologues et des utilisateurs par ce travail, et les psychologues s'accordent à dire que, lorsque les personnes osent venir, il est toujours trop tard. En fait, on pense toujours que nos problèmes sont trop insignifiants et que l'on "ne va pas aller voir un psy pour ça".
    En plus, il faut dire aussi que c'est un champ pas trop connu : avant de travailler sur ce site, je ne savais pas qu'il existait autant de méthodes thérapeutiques, très différentes : par exemple, il est tout à fait possible d'aller voir un psy parce que l'on est stressé, parce que l'on a du mal à vivre un deuil, parce qu'on dort mal, parce qu'on a l'impression de perdre pied, et de faire une thérapie courte ! En quelques séances, c'est réglé.
    Pour les personnes qui ne se sentent pas à l'aise avec le langage, il existe aussi des thérapies par la danse, le dessin, la musique, ou même par les animaux !

    Bref, tout ça pour dire que personne n'a besoin de rester seul avec sa douleur ou ses difficultés à avancer. Les professionnels existent, ils sont là pour accueillir sans jugement (ça veut dire qu'on peut aller voir quelqu'un pour un motif vraiment minime, il sera là dans tous les cas).

    Je ne sais pas si tu connais l'illustratrice Laurel (http://bloglaurel.com/), à un moment elle a parlé sur son blog de sa psychanalyse. Elle n'a jamais évoqué ses problèmes, mais elle explique la libération qu'elle a eu à enfin oser parler. C'est très intéressant.

    Personne n'a a devoir affronter ses problèmes tout seul, quelle que soit leur envergure 😉

    • pin-upapple

      31 juillet 2015

      Ah oui bien entendu je parle uniquement pour moi lorsque j'avoue que je considère comme de la faiblesse d'aller parler à quelqu'un, je ne me permettrai pas de juger ceux qui le font et la profession en général !
      Comme je le disais, c'est un univers que je ne connais absolument pas et qui du coup me fait penser que ça ne m'apporterait rien et que surtout ça ne peut malheureusement rien changer à la situation en tant que telle. Je suis vraiment butée avec ça car bien entendu j'en ai parlé avec ma famille et mes proches qui m'ont conseillé de faire cette démarche mais pour l'instant je n'en sens pas la nécessité et le besoin. Et surtout je me vois mal me confier et j'ai peur d'avoir des réponses stéréotypées (j'ai grandi toute seule avec mon père que j'ai perdu récemment donc je m'attends déjà à plein de théories père-fille). Quoiqu'il en soit, je suis quand même moins critique qu'avant et je ne rejette pas l'idée qu'un jour je puisse demander une aide extérieure mais pour l'instant j'essaye de faire sans.

      En tout cas merci pour ton commentaire, je vais aller découvrir le blog de l'illustratrice dont tu parles :)

    • Oui désolée je me rends compte que j'ai été sèche ^^ c'est sûr que ça ne sert à rien d'y aller si tu n'en ressens pas le besoin ! Si tu te sens assez forte pour passer tes épreuves seule, c'est très beau et très courageux :) seul toi peut savoir ce qui est le mieux pour toi !

      J'ai eu un décès extrêmement violent dans ma famille (un assassinat), et comme toi mes proches m'ont conseillé d'aller en parler à quelqu'un. J'ai fini par le faire plus de 5 ans après >< j'ai pris mon temps (oui on peut même dire que j'ai traîné), mais je voyais que la douleur ne diminuait pas, alors j'ai préféré faire ça plutôt que de ruminer les choses encore et encore.

      En ce qui concerne les théories père-fille, il y a un risque oui, mais l'avantage des psychologues (les vrais ^^) c'est qu'ils ne font pas de la psychologie de comptoir. Mais c'est sûr que si tu ne le sens pas, ne le fais pas, ça ne t'apportera rien du tout :)

      Et je te souhaite beaucoup de courage, on est tous différents face au deuil, mais une chose est sûre, c'est que la douleur ne part jamais vraiment, hélas.

  2. Sandrine

    31 juillet 2015

    Il a l'air bien en tout cas !

  3. Nat Arocas

    31 juillet 2015

    Dans le même genre il y a "L'homme qui voulait être heureux" qui est pas mal :)
    Mais mon préféré entre tous est "L'alchimiste" de Paulo Coelho qui est un petit bijou je trouve ♥

    • pin-upapple

      31 juillet 2015

      Tu n'es pas la première à me parler de "L'Alchimiste" ! ça fait des années qu'il est dans ma liste de lecture donc je vais le remonter en tête de liste pour l'acheter bientôt :)

  4. Thi Hai

    1 août 2015

    J'ai beaucoup aimé lire ton article et ton avis sur ce livre :) je suis un peu comme toi quand tu dis ne pas profiter de l'instant présent. En tout cas, il a l'air bien, rien que le titre est accrocheur!

    • pin-upapple

      1 août 2015

      Merci pour ton commentaire ! J'essaye de travailler là-dessus mais je pense tout le temps à 10 000 choses en même temps et j'ai parfois du mal à lâcher prise. Je pense que ce livre va bien marche, il est déjà prévu des traductions au Canada, en Espagne et en Asie !

  5. On n'est jamais trop optimiste, on attire ce a quoi on pense, voila pourquoi c'est UN travail dur de tous les jours.
    Prendre son talent et le partager, prendre la responsabilite de son bonheur, c'est la quete d'une vie.
    J'ai commence a lire et voir des videos sur le sujet et crois moi ta vie change doucement mais elle change.

    Merci pour cet article, continues tes recherche et positivisme.

    Xx

    Cookie

  6. Anne-Sophie Papote

    18 septembre 2016

    Je n’arrête pas de voir ce livre et j’ai souvent hésité à l’acheter… Je pense que ce sera ma prochaine lecture, il a l’air assez intéressant et peut être adapté à la grande « négative » que je suis ^^
    Merci pour cette revue :)
    Anne-Sophie

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